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Enjeux de la recherche et du Développement en Méditerranée

Les constantes de la Recherche appliquée en Grandes Cultures Méditerranéennes

Un certain nombre de constats effectués à la fin des années 1980 par des agriculteurs, des chercheurs et des responsables politiques, et concernant les activités de recherche autour du bassin méditerranéen, restent encore largement valables aujourd’hui :

  • Malgré des contextes historiques et économiques divers, les préoccupations des agriculteurs en systèmes de production “grandes cultures”, et donc les principales thématiques que doit traiter  la recherche, sont très semblables dans l’ensemble de la région, du fait des conditions pédo-climatiques méditerranéennes qui leur sont communes
  • Ainsi, de nombreux pays mènent un volume important de travaux de recherche sur des sujets similaires, mais sans qu’il y ait suffisamment d’échanges entre chercheurs sur les applications possibles issues de leurs travaux, d’où de fortes déperditions en temps et en moyens
  • Ces travaux ont produit des résultats souvent utiles, mais peu diffusés, que les producteurs souhaiteraient voir formuler sous la forme de préconisations concrètes et d’outils d’aide à la décision qui soient à leur portée.

On constate aussi du côté des producteurs que :

  • Les assolements basés sur les céréales (blé dur, blé tendre et orge) sont omniprésents dans l’ensemble des pays méditerranéens.
  • Les besoins nationaux, autoconsommation et marchés, ainsi que des prix jusqu’ici soutenus, ont entraîné l’augmentation des surfaces et souvent même la monoculture du blé. Par contre des prix fluctuants et des problèmes phytosanitaires sur légumineuses provoquent des chutes drastiques de ces productions certaines années.
  • La jachère traditionnelle tend à disparaître mais la rotation avec d’autres grandes cultures (légumineuses alimentaires, oléagineux) est mal maîtrisée et aléatoire. En même temps il y a un grand besoin en cultures fourragères pour les élevages qui constituent un élément d’équilibre essentiel pour de nombreuses fermes de la région.

Il y a donc nécessité, à la fois, de mieux maîtriser les techniques et les coûts de production en céréales, et d’identifier des alternatives aux assolements pratiqués en introduisant, ou en développant, des espèces adaptées aux conditions agronomiques et socio-économiques des pays méditerranéens (pois-chiche, lentille, fèverole, tournesol, colza...).De nombreux réseaux de recherche, bilatéraux ou internationaux, travaillent sur ces espèces mais sur des thèmes généralement trop en amont pour espérer voir, à court terme, des retombées pratiques pour les filières de production concernées.

L’ensemble de ces facteurs est à l’origine de la création d’un réseau tel que le RCM, qui vise à rapprocher concrètement les travaux menés par les chercheurs et les préoccupations des agriculteurs.

Un chercheur de l’INRA de Settat commente des parcelles d’essais implantées chez les paysans de la Coopérative Khemisset Chaouia (Maroc)

Les enjeux pour la Recherche et le Développement

Compte tenu des besoins exprimés par les producteurs et leurs organisations professionnelles, ainsi que par les structures de recherche, et vu les orientations définies par les politiques nationales de la plupart des pays méditerranéens afin de mieux valoriser les travaux de la Recherche et les diffuser dans le cadre de programmes de développement participatifs, les enjeux sur lesquels il faut mettre l’accent sont :

  • La consolidation du dialogue agriculteur-chercheur, au travers de dispositifs permettant une meilleure connaissance réciproque des préoccupations et des contraintes de chacun tout en  facilitant la participation des producteurs à la recherche de solutions aux problèmes qu’ils se posent. Les “Groupes Témoins” du RCM en sont une ébauche et une expérience à titre pilote.
  • Le transfert dans des délais raisonnables des réponses techniques et économiques destinées aux producteurs : il y a nécessité de mobiliser, en fonction des contextes locaux, les “relais” que constituent les services de Vulgarisation ou de Développement des différents pays.
  • Le renforcement des échanges d’information (scientifique, technique, économique) et de mise en commun de méthodologies d’étude et d’expérimentation à finalité concrète, permettant des gains de temps et de moyens à l’échelle de chaque pays et plus largement de zones entières comme le Maghreb, le Machrek ou le sud de l’Europe.
  • L’implication progressive des entités constituant les filières de production, lorsqu’elles existent, ou du moins les acteurs économiques d’amont et d’aval concernés.
  • La collaboration et la recherche de cohérences/complémentarités avec les autres réseaux agronomiques méditerranéens et les programmes internationaux du type ICARDA, CIHEAM, ACSAD.
Chercheurs de l’ITGC et de l’Université de Sétif avec des agriculteurs de l’association Trait d’Union (Algérie)

Un réseau toujours novateur et complémentaire

La plupart des réseaux de recherche agronomique méditerranéens, auxquels participent généralement des Universités ou des Instituts de type « INRA »,  étudient des thèmes scientifiques très ciblés. Bien qu’affichant des objectifs de recherche appliquée  ces réseaux ne disposent généralement pas d’un ancrage suffisant dans le monde agricole des pays concernés.
Le RCM occupe une place particulière dans ce contexte, car sa priorité est d’abord de mobiliser les paysans, puis d’établir un rapprochement direct entre eux et les chercheurs afin de déboucher sur des résultats transférables sur le terrain. Ses activités sont donc de fait complémentaires de celles des autres réseaux de recherche.
Le RCM, au travers de ses Groupes Témoins d’Agriculteurs, est d’ailleurs très demandeur de retombées concrètes issues des travaux de la Recherche. Une des missions de ces groupes étant justement de tester et valider les acquis des chercheurs avant de pouvoir les mettre en pratique et les diffuser largement.

Ainsi, le programme d’action du réseau doit pouvoir servir de référence, voire de modèle, afin de :

  • Favoriser à une large échelle l’implication des agriculteurs vis à vis des dispositifs de recherche par le biais d’une participation active de la Profession au sein des structures de recherche de chaque pays.
  • Améliorer l’impact de la recherche appliquée en Méditerranée, tant par cette nouvelle contribution de la Profession, que par les progrès méthodologiques et une meilleure efficience des travaux résultants d’activités menées en réseau.
Visite des Groupes Témoins d’Agriculteurs du RCM à la Station d’amélioration des plantes d’Elvas, Portugal
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